Partenariat entre General Motors France et EDF

General Motors France et EDF ont annoncé un partenariat autour de l'Opel Ampera. De quoi s'agit-il et quelle en est la portée?

Partenariat General Motors - EDF
Michel Couture, Directeur de la Direction de la Mobilité Électrique et Yves Pasquier-Desvignes, Président de General Motors France. Photo © GM

General Motors France et la Direction de la Mobilité Electrique d’EDF ont signé un accord de partenariat autour de l'Opel Ampera, pour mener des essais et accompagner les clients dans l’installation d’infrastructures de charge.
Opel met donc à disposition d’EDF une Ampera. L’utilisation et les performances du véhicule seront testées et analysées en détails. Les essais pour apprécier la charge du véhicule, ses performances et celles des batteries, seront menés d’une part en laboratoire, au sein de la R&D d’EDF, et d’autre part, sur route, avec la Direction de la Mobilité Électrique. Le véhicule sera également intégré à la flotte EDF et confié à des équipes ayant déjà eu une expérience et une pratique de la conduite de véhicule électrique.
Par la suite, EDF étudiera avec Opel la possibilité de rejoindre le projet CROME (Cross-border Mobility for EVs), projet franco allemand qui doit mettre en œuvre des solutions innovantes pour rendre possible la recharge d’un véhicule électrique des deux côtés de la frontière.

L'opérateur d'électricité national quasi monopolistique se réjouit d'intégrer à sa flotte son premier véhicule électrique à autonomie prolongée. Pour un acteur majeur de l'électricité, il est important d'analyser les comportements de recharge des utilisateurs de véhicules électriques de tous types. Même si les gens d'EDF sont très forts, on peut se demander s'il est réaliste de songer y arriver avec un seul véhicule, qui sera probablement souvent monopolisé par des nécessités de représentation.
Très certainement, il se réjouit également d'être à l'avenir le partenaire privilégié de General Motors pour le déploiement des infrastructures de charge chez les clients (wallbox, bornes publiques ou semi-publiques...).
Avec les habitudes passées d'EDF, on peut se demander si l'opérateur profitera de cette position pour pousser vers une fermeture du marché de la recharge, si possible en imposant tel ou tel brevet du portefeuille, plus ou moins utile. De par l'importance de l'Etat au capital d'EDF, on peut également s'interroger sur les possibles orientations vers la taxation de l'électricité destinée à la recharge des véhicules électriques, pour compenser le manque à gagner en Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (ex-TIPP).

Cependant, en l'état actuel, l'Ampera ne se prête pas particulièrement à ces pratiques : son interface de recharge, à défaut d'être libre et ouverte, répond à un standard international préétabli. Il est ainsi dores et déjà possible de recharger l'Ampera avec son chargeur "français" en France, en Allemagne, en Belgique. Il est également possible de la recharger ici ou ailleurs avec des chargeurs prévus pour la Nissan Leaf, la Renault Fluence ZE, ou encore la Bolloré BlueCar. Cela nous met, au moins pour un temps, à l'abri de pratiques de fermeture et de taxation.
On peut aussi à ce titre s'interroger sur l'objectif annoncé du projet CROME ("mettre en œuvre des solutions innovantes pour rendre possible la recharge d’un véhicule électrique des deux côtés de la frontière"), quand la recharge de l'Ampera (et donc des autres voitures cités) est déjà possible avec un même matériel des deux cotés de la frontière.

La portée de cet accord semble donc assez réduite, et s'il est nécessaire d'être présent chez l'acteur électrique national, c'est sans doute cette portée limitée (et le faible impact en terme d'image) qui explique que le nombre de véhicules confiés par General Motors à EDF soit bien inférieur à celui du partenariat avec Eurodisney par exemple.

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